"I take you where you want to go
I give you all you need to know
I drag you down I use you up
Mr. Self-destruct"
Salut Eddy, ça gaze ? This one is for you.
Préambule : Pour faire vrai fan, j'aurais aimé savoir écrire "NIИ" comme ça, avec le code ASCII ou autre truc de geek. Tu me diras que ouais, je sais le faire vu que И, mais comme je suis foncièrement honnête, je me dois de t'avouer que c'est un bête copier/coller à la portée même de ma mère, qui doit être au geek ce que Roger Cageot est au prix Nobel de physique.
Donc voilà, tu sais que quand j'aurai abrégé Nine Inch Nails en NIИ, j'aurai juste fait un CTRL+C/CTRL+V. De quoi être la risée de tous les geeks de la terre qui heureusement ne liront jamais cette logorrhée sur NIИ vu qu'ils écoutent plutôt le générique des Chevaliers du Zodiaque, dont il n'est pas prévu de parler ici, sauf maintenant. Alors bon franchement, soyons honnête : vaut-il mieux maîtriser le code ASCII ou écouter NIИ ? Ben ouais, et toc !
Bon allez, tant que je suis dans les révélations douloureuses, il faut que je t'avoue un autre truc à propos de Nine Inch Nails : quand j'ai découvert ce groupe, je croyais que "nine inch nails" signifiait "queues de neuf pouces". Du coup je me disais "roh quel coquin ce Reznor !", mais en même temps je me disais "mais quand même, les américains ont des si p'tites bites ?" ("Le mâle toujours se vantera de la taille de son chibre", premier commandement de la Bible du parfait gentleman qui en a dans le slibard. Qui n'en compte qu'un, des commandements).
Après j'ai grandi et je me suis rendu compte que je confondais "nails" et "tails". Et après j'ai progressé en anglais pas correct et j'ai appris que la "tail" n'avait rien à voir avec la bite, hein Dick ? Ce qui est dommage parce que Nine Inch Tails ç'aurait donné NIT et les geeks auraient eu l'air con avec leur code ASCII là, hein !?
Bon en même temps ça m'aurait niqué mon superbe préambule, et ça ç'aurait été dommage.
Ceci dit, quand j'aurai un groupe de musique (ce qui implique que j'apprenne préalablement à jouer d'un instrument, étant donné que mes performances vocales restent un peu trop aléatoires pour contenter un auditoire, fût-il uniquement composé du reste du groupe... Bref, c'est pas pour demain, quoi ! A moins que je fasse de spectaculaires progrès en washboard, mais là je vois déjà ma chérie qui se gausse, voire qui se courbe)(les statisticiens et autres mathématiciens de mes lecteurs admireront le jeu de mots) je l'appellerai Ten Inch Tails, en hommage à monsieur Reznor et aussi pour faire chier les geeks et aussi parce que TIT ça le fait, comme nickname. Et que là je suis sûr de ce que ça signifie !
Bon allez, fin du préambule parce que bon, si ça continue le préambule va être plus long que le reste de l'article. Et ça, ça se fait pas, oh que non !
Bon, je ne reviendrai pas sur les prémisses de ma découverte de Nine Inch Nails, qui coïncident à peu près avec la découverte de Dead Can Dance et que je dois également à Greg. Je vous laisse juste relire avec un bonheur non feint l'histoire qui y est dédiée.
Déjà, j'ai aimé l'artwork de la pochette et du livret de "The Downward Spiral". Première bonne impression. C'est important la bonne impression, mais ce qui m'importait vraiment, c'était le ventre de la bête ; j'ai toujours attaché plus d'importance au contenu qu'au contenant.
En 94 je faisais une chose que je ne fais quasiment plus maintenant : je mettais un CD et je l'écoutais en ne faisant rien d'autre que feuilleter le livret. Maintenant j'écoute le plus souvent la musique en pratiquant une autre activité (lecture, errances internautes, parachute ascensionnel, etc...) - peut-être parce que j'ai moins de temps pour moi, donc que j'optimise. Et que de manière plus générale j'écoute moins de musique.
PLAY.
"Mr. Self Destruct". Ouh la vilaine mise en bouche que voilà ! (la même qui te chatouille les esgourdes, je suis partageur)
Premier constat : le son est pur. L'entrée en matière est excellente, avec ce qu'il faut de brutalité et d'agressivité dans le travail des sons et la rythmique, et ce break qui vient apaiser le tout, avant de reprendre de plus belle - un truc souvent utilisé par le sieur Reznor sur The Downward Spiral, mais il faut dire qu'il le fait bien ! Et pour finir, un bouillon de chaos qui ne se termine qu'avec le début plutôt calme de "Piggy".
"Piggy" et sa rythmique méchamment travaillée. Pas le titre le plus marquant de l'album, pour moi.
"Heresy" et son explosif "your god is dead / and no one cares / if there is a hell / I'll see you there" au riff surpuissant. En concert, ça défrise le poil !
"March of the Pigs". Alors là, le son ultra-grave du début m'a toujours scotché, et quand j'écoutais ce titre sur l'autoradio de la 106, j'entendais même pas ce truc incroyable. Et ça, ça me frustrait. Alors quand arrivaient les assauts bruitistes du morceau, je me gênais pas pour écraser quiconque se mettait en travers de mes yeux injectés du sang tout chamboulé par cette marche porcine qui me scotche toujours autant. Après je me réveillai et j'allais beaucoup mieux.
"Closer". Sexuel à souhait, ce titre. Bon OK, pas le sexe de monsieur et madame toutlemonde, mais sexuel quand même, je trouve. Et puis ce clip malsain qu'on croirait issu des cauchemars de Caro & Jeunet ! Sublime !
Je sais pas si Dieu existe (je cherche d'abord quelqu'un pour me définir "dieu" avant de me prononcer), mais en tout cas heureusement que le sujet de "Closer" rapproche Reznor de (son) dieu, parce que j'ai le sentiment que ce clip l'en éloigne un chouia...
"Ruiner". Longtemps mon morceau préféré (après "Hurt", mais "Hurt" est hors concours).
On a là un titre qui alterne calme et tempête avec un travail mélodique qui me semble hallucinant.
"The Becoming" et son entêtant "It won't give up it wants me dead / Goddamn this noise inside my head".
Eloge de la folie, interpreté par NIИ. Bon en même temps, la folie et sa spirale c'est un peu le thème et le ton de l'album...
"I Do Not Want This". Encore du riff bien gras qui attaque avec juste ce qu'il faut d'aggressivité sur le "Don't you tell me how I feel" ! Et encore le chaos au milieu du morceau, un chaos jubilatoire. Monsieur Reznor voulait faire "something that matters" ; il a réussi.
"Big Man with a Gun" est un petit morceau énervé avec des paroles qui me plaisent bien. Mais rien d'inoubliable. La fin gueularde est l'introduction idéale pour
"A Warm Place". Le calme après la tempête. Avant la tempête. Au milieu de la tempête. Oui, un endroit chaud, un refuge, une bulle au milieu du déchaînement. Une parenthèse sublime, qui nous montre s'il en était besoin que Trent Reznor sait faire autre chose que des sons saturés et des rythmiques de fou.
"Eraser", le répit aura été de courte durée : la rythmique martiale martelée pendant tout le morceau nous rappelle qu'on est quand même là pour se détruire, hein. Bon, on replonge certes doucement après cette "Warm Place", mais ne nous leurrons pas : on replonge. Et on résume le parcours, la "downward spiral" : Need you / dream you / find you / taste you / fuck you / use you / scar you / break you / lose me / hate me / smash me / erase me/ kill me / kill me /kill me... Ca sent la fin, là, non ? J'adore ce morceau (aussi).
"Reptile". Entêtant avec sa rythmique qui martèle et son espèce de perceuse qui vient souligner le trait.
"She has the blood of reptile just underneath the skin" est l'une des phrases que je préfère, toutes chanons du monde entier confondu. Mais je ne sais pas du tout pourquoi. Rien à voir avec le sens, plutôt avec la façon dont ça "coule". Bref, je sais pas pourquoi mais j'aime bien.
" The Downward Spiral", titre éponyme donc, pour ceux qui suivent. Pour les autres, y a des cours de rattrapage. Bon ben voilà, on arrive au bout de la spirale. BANG. Le son est sourd, il n'y a pas d'avenir.
"Hurt". Bon, là on touche au divin, mes commentaires ne rendront jamais justice à ça. Donc je vous laisse profiter de cet instant de rédemption du monsieur auto-destruction...
Même papy Johnny Cash (qui savait reconnaître les grands morceaux) n'a pas réussi à rendre l'hommage que ce titre mérite, même si sa reprise vaut le clic. Parce que bon, Johnny Cash, quand même. Une voix d'outre-tombe qui sied bien au titre.
"Hurt", putain de conclusion du meilleur album de la décennie '90, oui monsieur ! J'assume tout.
C'est bien pour ça que The Downward Spiral a un traitement de faveur et que je parle de tous les titres de cette divine pièce.
Certes, certes, The Fragile est aussi un grand album. Certainement plus subtil, plus mature (je devrais éviter ça, parce que "album de la maturité" ça fait un peu chroniqueur télé qui n'y connait rien et qui qualifie tout deuxième album d'un chanteur de variét' que sa maison de disque a décidé de promouvoir de cette appellation. Ca craint, quoi), mais The Downward Spiral est... révolutionnaire. Et bon, la révolution, c'est quand même plus cool que la maturité, hein !
Après The Fragile, Trent Reznor a arrêté la drogue, donc on n'en parle pas.
"Nine Inch Nails is Trent Reznor" : c'était écrit sur le livret du premier album de NIИ. Alors merci Trent Reznor pour The Downward Spiral. Fuckin' great.

"I am the needle in your vein / And I control you"