"Soon I discovered that this rock thing was true
Jerry lee lewis was the devil
Jesus was an architect previous to his career as a prophet
All of a sudden, I found myself in love with the world
So there was only one thing that I could do
Was ding a ding dang my dang a long ling long"
Ministry est arrivé dans mes esgourdes un peu après Nine Inch Nails.
C'aura été un échange de bons procédés, cette rencontre avec la clique à Al Jourgensen et Paul Barker : je partage ma découverte de NIN avec les potes, et comme souvent dans ces cas-là, y a rebond, et Steph me fait écouter ΚΕΦΑΛΗΞΘ. De Ministry, donc. Un album que nous gagnerons à appeler Psalm 69, parce que je sais que tout le monde n'a pas fait grec ancien. C'est dommage, parce que Platon dans le texte, c'est un régal ! Et en plus on progresse en dessin avec leurs lettres à la con...
Ca vient de Steph, c'est de fait plus brutal que The Downward Spiral, moins électronique et plus gratteux. Mais qu'est-ce que c'est bon !!!
Le décor est vite planté dès le début de "N.W.O.", morceau d'ouverture de l'album : on a une idée assez précise de ce qu'on entend par métal industriel. Ministry en est à mon avis le groupe emblématique. Et il enfonce le clou (de neuf pouces ?) avec "Just One Fix".
Quand arrive "TV II", je suis scotché par la rythmique de malade ; je ne sais pas à combien de bpm on est, mais ça restera pendant longtemps le morceau le plus rapide que j'écoute. Jusqu'à "Too Dead for Me" d'Atari Teenage Riot, en fait.
J'accroche moins à "Hero", notamment à cause de la voix, mais le riff bien agressif attaque agréablement l'oreille.
Mais ce qui m'étonnera le plus, je pense, c'est l'espèce de country indus de "Jesus Built my Hotrod", et l'ironie que je perçoit dans ce morceau assez surréaliste. On dirait que les papys de la country sont passés de l'alcool à la coke coupée au LSD. Et que ça marche ! C'est ça le pire. Sur le papier ce mélange ferait marrer, mais mis en musique par Ministry, ça donne.
"Scarecrow" est le titre de l'album que j'aime le moins, et qui préfigure un peu certains morceaux de Filth Pig.
Avec "Psalm 69", on est plus trop dans la déconne, là. On reste dans le surréalisme et dans le mélange des genres hasardeux, et une fois de plus ça fonctionne. Avec ce genre de cantiques dans les églises, je suis sûr que les chevelus réinvestiraient les lieux ! J'adore.
"Corrosion" est encore un morceau de métal indus bien efficace, dans la lignée directe des deux premiers morceaux de l'album.
Et "Grace" est une fin excellente, bien apocalyptique, pour clôturer un Psalm 69 qui fait partie de mes albums de référence. C'est un peu mon étalon pour jauger de la qualité d'un album de métal indus, et force est de constater qu'il a mis la barre très haut (en fait, c'est le seul que j'écoute encore très régulièrement...).
Reste qu'après ce Psalm 69 : The Way to Succeed & the Way to Suck Eggs, Ministry n'arrivera plus à m'exciter les esgourdes. Filth Pig s'éloigne un peu trop pour moi de ce que j'aime chez Ministry, même si on ne peut pas reprocher à Al Jourgensen & Paul Barker d'essayer d'autres choses. Dark Side of the Spoon, outre la blagounette sur le nom de l'album et l'aveu (je ne pense pas qu'il était nécessaire, mais bon...) de l'héroïnomanie des gars, revient un peu à la recette de Psalm 69, mais la sauce ne prend plus aussi bien. Les albums suivants restent pour moi anecdotiques (J'aime tout de même bien le titre "Animosity" sur Animositisomina), et je pense n'avoir jamais écouté les deux derniers...
Par contre, The Mind is a Terrible Thing to Taste, sorti trois ans avant Psalm 69 s'écoute toujours bien ; on voit le début du sillon qui conduira à l'album majeur de Ministry.
En 1999, avec Steph, Romu et Marc, on assiste à la prestation de Ministry, sous le soleil déclinant.
Des bûcherons.
J'en ai eu les oreilles qui saignent, tant c'était fort et brutal - ce qui n'est pas commun dans un festival en plein air, mais là c'était... waow ! Certainement le concert avec le volume sonore le plus fort qu'il m'ait été donné de voir.
Et après, on s'est dirigé vers le concert de Ben Harper, et la musique était pas très variée : biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip... ce calme après la tempête aura permis de stopper l'hémorragie auriculaire, mais je ne retiendrai de Ben Harper que la taille des mains du bassiste : on aurait dit qu'il jouait du banjo !!!
Ca, et un long acouphène.
Malgré ça, j'avais repris une place pour les revoir à Lille en 2003, mais un déplacement inopiné m'aura fait manqué le concert, au profit de Steph qui hérita de ma place - une espèce de remerciement pour m'avoir fait découvrir le groupe. Je me souviens que ce soir-là, mes oreilles m'ont remercié.
