"There is no undo or backspace"
Je vais enfreindre les règles pour ce premier billet. En hommage à mon ami Mathieu, décédé il y a 12 jours du cancer. Il avait 32 ans, une envie de vivre immense, une générosité dans tous les sens du terme et un amour immodéré pour la musique. C'était mon meilleur ami, il me manque comme personne.
Rassurez-vous, je suis pas là pour faire pleurer dans les chaumières, je vais parler musique.
Il avait créé son label (Yr Letter Records) il y a six ans et sans lui, sans ses encouragements et son aide, je n'aurais jamais lancé le mien et je n'aurais jamais sorti, en vinyle, "Albatross", le précédent album de Fishboy, le groupe dont je veux vous parler aujourd'hui.
Donc je disais que j'allais enfreindre les règles: les paroles ci-dessus, bien que de Fishboy, ne sont extraites ni du morceau en écoute ni de la vidéo plus bas. Dingue.
J'ai découvert Fishboy grâce à l'album Albatross (le titre complet: "Albatross: How We Failed to Save the Lone Star State With the Power of Rock and Roll") dont est tiré le morceau que vous écoutez peut-être en ce moment. Je suis tombé amoureux immédiatement. Ce morceau est le dernier du disque. L'épilogue d'une histoire. Oui parce que ce disque est ce qu'on appelle un concept album ou plutôt un rock opera (je sais, on en dit de ces conneries dès qu'on parle musique) résumant assez bien la vie, de la naissance à la prison, d'un homme dont le destin est de sauver le Texas grâce à une chanson (d'où le titre complet de l'album). Et si ça ne suffisait pas, le nouvel album, Classic Creeps (qui est justement sorti aujourd'hui) est encore plus concept que le précédent: le titre de chaque chanson commence par la lettre A, chaque chanson étant le nom d'un personnage, chaque personnage faisant partie de l'histoire complète via un lien avec la chanson précédente ou suivante, la dernière chanson bouclant la boucle. Si c'est pas beau ça.
Mais soyons honnête, ce n'est pas (seulement) le concept qui fait l'intérêt de Fishboy. C'est sa musique, ses mélodies, sa fraîcheur, son excentricité. Fishboy c'est tout bêtement mon remède contre la morosité.
Bon, faut que j'arrête là. Je m'étais dit en acceptant la proposition de venir écrire ici qu'il ne fallait surtout pas que je tente de persuader qui que ce soit, avec des phrases toutes faites et des effets de manche, d'en écouter plus. Si c'était malgré tout le cas, toute la discographie de Fishboy est en écoute ici. Et tout est bon.
La vidéo ci-dessous est un extrait du nouvel album. Et c'était la chanson préférée de Matt sur cet album.
Une dernière illustration pour la route (puisque c'est dans les règles), elle est signée Fishboy lui-même (il dessine aussi divinement, c'est d'ailleurs lui qui illustre abondamment tous ses albums, voir ici par exemple pour le dernier album) et elle fera marrer toute personne qui a tenté un jour de décrire un groupe ou un genre musical.

La semaine prochaine, Jean-Jacques Goldman.