• Live track #104 - Portishead + Mogwai - Nîmes (19/07/2011)

     

     

     

    19 Juillet 2011.

    Il pleut ce matin, et une alerte aux orages sur le Gard (et la majorité du sud-est) nous fait peur. Non que nous ayons peur de l'orage, hein, mais disons que la magie d'un concert aux Arènes de Nîmes risque vite de se transformer en mauvais sort si la pluie s'en mêle.
    Oui parce que ce soir on va voir Portishead aux Arènes de Nîmes, avec Mogwai en première partie. Je répète au cas où tu n'aurais pas lu le titre, trop pressé que tu es de te jeter sur ma prose envoûtante.

    Ma chérie flippe plutôt pour la route, parce que ses expériences passées sur l'autoroute qui mène à Nîmes sont plutôt apocalyptiques ; et moi je flippe plutôt pour le concert, parce que ces cons de romains ne faisaient pas de toit à leurs salles de spectacle !
    Je dis ces cons de romains, mais en fait ils étaient très très forts.


    Recadrons :
    Mon premier concert aux Arènes c'est il y a 8 ans presque jour pour jour : le 14 juillet 2003, pour un concert de musique militaire exceptionnel ! On y avait croisé Eva Joly, qui avait balancé son string sur le clarinettiste, en  grande fan qu'elle est restée.
    Mais noooooon, bien sûûûûr que je plaisante ! Comme dirait tonton Georges, "la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas".
    C'était notre premier concert de Radiohead, c'était l'un des moments les plus beaux de ma belle vie, un de ces moments hors du temps, une parenthèse enchantée, comme un rêve. Mais je t'en reparlerai, parce que c'était vraiment une des journées les plus importantes de ma vie.

    Depuis, les concerts aux Arènes de Nîmes sont de ceux que je préfère. Parce que ce lieu est particulier. Parce que les romains étaient, donc, très très forts. Déjà, un concert dans un lieu qui a presque 2000 ans, c'est pas très courant. Marcher sur ces pierres qui ont été foulées par les sandales de milliers de gallo-romains, déjà ça me fait des choses, de là à là (voir figure 1). Et en plus, l'acoustique est vraiment excellente ! Quand je la compare à certains Zéniths, je me dis que les concepteurs devraient s'inspirer des connaissances empiriques des romains, parce que bon...
    Oui, vraiment, ces concerts aux Arènes sont exceptionnels. Bon, il faut dire qu'on n'y a vu que des groupes exceptionnels, ce qui aide. Mais n'empêche : les concerts de Radiohead, par exemple, qu'on a vu deux fois dans ces Arènes et une fois au Forest National à Bruxelles, m'ont bien plus marqué à Nîmes qu'à Bruxelles. Pareil pour NIN, même si musicalement j'ai préféré le concert de Lille.

     

    Reprenons :
    19 juillet, matin, peur de la pluie et des orages.
    Je zyeute la météo, et d'après les computations des microprocesseurs de Météo France, il n'est nul besoin de s'inquiéter. L'après-midi sera calme, et tout sera rentré dans l'ordre pour la soirée. Ouf ! Nous voilà rassurés pour la partie climatique.
    L'objectif est un départ à 18h, histoire de ne pas trop courir après le temps et de ne pas manquer Mogwai.

    Vers 17h00 j'appelle l'ami Fabrice pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, on papote un peu, je finis deux-trois bricoles au boulot et m'éclipse, sentant l'excitation pré-concert monter.
    Notre loulou est encore plongé en pleine sieste quand je rentre à la casa, on prépare nos affaires (Béa a réussi à retrouver ces choses dont on n'a jamais à se servir en Provence : des ponchos pour se protéger de la pluie...), je me force à aller réveiller en douceur notre pirate, que l'on déposera encore dans le gaz chez la partie sudiste de ses grands-parents.
    Départ effectif : 18h30. J'avais plus tablé sur un retard de 15 mn, mais rien de grave, hein.

    Sauf qu'on avait occulté qu'il nous faudrait 40 mn entre la sortie de l'autoute et le centre de Nîmes...
    On sort du parking de la gare (à 10-15 mn à pieds des Arènes) vers 20h15, et on entend déjà un vrombissement entre la tondeuse (mais le gros modèle, genre déforestation) et la marée d'hélicos façon Apocalypse Now (j'ai jamais vu le film, mais j'imagine, quoi). Bon en fait c'est déjà Mogwai.
    On s'en rendra compte une fois installés : ils jouent beaucoup trop fort.

    On entre sans problème dans les Arènes, mais par contre on a beaucoup - beaucoup - marché pour trouver une place ! Il faut dire que c'est déjà plein à craquer, au moins en catégorie 2, et que du coup on a exploré les couloirs du lieu presque de fond en comble. Pour rien. Excuse-moi encore, mon amour.
    Retour à la quasi-case départ, et là voyant ma chérie qui n'en peut plus je fais le forcing auprès de trois demoiselles qui filtrent l'accès à la catégorie 1 : "bon, je sais qu'on a des billets catégorie 2, mais ça fait deux fois qu'on fait le tour et c'est blindé partout, alors ma femme qui est enceinte, là, elle commence à franchement flancher. Vous pourriez pas nous trouver une petite place s'il vous plaît madame ? S'ilvousplaits'ilvousplaits'ilvousplait" (parmi les trois demoiselles, l'une d'elles était enceinte, je m'étais dit que ça avait plus de chances de marcher...) Et ça a marché.
    Certes, on n'est pas placés au centre. Certes, un poteau s'est placé entre nous et la scène. Mais on est assis, installés, et au final pas si mal !

     

    Enfin on peut profiter pleinement de Mogwai !
    Ben en fait non. On ne profite pas, parce que le son est beaucoup trop fort. Beaucoup beaucoup trop fort.
    Impossible dans ces conditions de juger une prestation musicale, tant c'est pénible pour les oreilles. On craint du coup le pire pour Portishead, parce que si le son reste aussi fort, ça va pas être agréable...
    En plus ces messieurs de Mogwai nous font saigner les oreilles pendant longtemps, vu que ce n'est que vers 21h30 qu'ils mettent fin au calvaire. Une vraie grosse première partie si le concert a effectivement commencé à 20h.

     

    Il faut attendre 22h et quelques traditionnelles "Olas" (majuscule ? Pluriel ? On s'en fout) pour qu'enfin s'éteignent les lumières éclairant les Arènes, et que le groupe investisse la scène sous les clameurs d'une foule impatiente. Impatient, je le suis aussi : j'ai vu Portishead une première fois aux Eurockéennes de Belfort il y a 13 (13 !) ans, en juillet 1998. C'était pour la clôture de la dixième édition du festival, et c'était totalement magique. Ca avait fini en feu d'artifice, conclusion parfaite d'un festival où on s'était bien gavés, avec l'ami Romu. Puis j'avais vu aussi Beth Gibbons en avril 2003 à l'Aéronef, à Lille. Magique aussi. Impatient, donc.

    C'est "Silence" qui ouvre le bal.
    Et le bal commence bien. Deux batteries vont assurer efficacement les rythmiques parfois complexes de Third, dont une tenue par intermittence par Geoff Barrow (le reste du temps, il scratche ou joue du clavier), le guitariste Adrian Utley imprimera tout le long du concert le son de gratte de Portishead, notamment sur les morceaux extraits de Dummy. Et évidemment la voix sublime de Beth Gibbons sera le lien entre tous les morceaux. J'ai même l'impression que c'est le seul lien entre les deux premiers album et Third, tant musicalement on est presque dans deux univers différents. Excellents tous deux, mais différents. Beth Gibbons, notre bouée !

    C'est d'ailleurs Third qui est vraiment à l'honneur ce soir. La moitié des morceaux joués en est extrait, dont l'excellent "Machine Gun" qui vient secouer le public après la sublime version minimaliste de "Wandering Star" ; tu peux d'ailleurs écouter l'enchaînement des deux titres sur la vidéeo de fin de chronique, petit veinard !
    Mais aussi le très bon "The Rip" (qui est certainement le morceau de Portishead qui se rapproche le plus de ce que Beth Gibbons a fait en solo, au moins dans sa première moitié), ce "Threads" à la fin duquel Beth Gibbons sort de son ton posé à la limite de la dépression pour gueuler (oui : gueuler !) ou le "We Carry On" de clôture (qui est ici la vidéo en ouverture, paske je fais qu'est-ce que je veux ici, na !), qui est vraiment un morceau qui me met une claque.

    Mais on remarque quand même, à l'applaudimètre, que ce sont les morceaux de Dummy qui sont les plus attendus.
    Notamment, bien sûr, le merveilleux "Glory Box" - sans qui tout ceci n'aurait certainement pas été possible, mais aussi l'indispensable "Mysterons" ou la version à pleurer de "Wandering Star" (sûrement le morceau qui m'a fait le plus de choses pendant ce concert, qui pourtant m'en a fait beaucoup !).

    Le groupe étant très statique, le light show et l'écran en fond de scène font le boulot, même si à titre personnel je viens écouter de la musique live, plus qu'assister à un spectacle visuel.
    On remarque très vite, ma chérie et moi, que Beth Gibbons a arrêté de fumer - ceux qui l'ont déjà vue en concert comprendront qu'on ne peut pas passer à côté de cette remarque, tant la dame fumait durant ses prestations (je pense qu'elle devait avoir un quota en-dessous duquel une malédiction quelconque lui tombait dessus, parce que c'était vraiment impressionant le nombre de clopes qu'elle allumait !), mais c'est tout ce qui a changé : elle est autant avachie sur son micro, dans la même position pendant tout le concert.
    Non, on est mauvaises langues quand même parce que :
    - selon Béa elle a un peu pris du cul. Ca tombe bien elle en avait pas !
    - à la fin de "We Carry On" elle est descendue serrer des pinces au public, taper la bise, et ce pendant quelques minutes. Et ça, c'est à souligner !

     

    Ce fut donc 1h30 de plaisir, de grosses émotions avec la voix sublime de Beth Gibbons, musicalement ça a été à la hauteur de la voix de la dame (excellent, donc), et 13 ans après les Eurockéennes, c'était toujours aussi bon !

     

     

     

     

    Setlist :

    1. Silence
    2. Hunter
    3. Mysterons
    4. The Rip
    5. Magic Doors
    6. Sour Times
    7. Wandering Star
    8. Machine Gun
    9. Over
    10. Glory Box
    11. Nylon Smile
    12. Cowboys
    13. Threads

    Rappel:

    1. Roads
    2. We Carry On

     

     

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  • Commentaires

    1
    Eddy Cordy
    Vendredi 22 Juillet 2011 à 14:03

    J'ai quand même noté que tu n'as jamais vu Apocalypse Now. Alors que c'est plus que certainement mieux qu'un concert de Portishead.

    2
    Vendredi 22 Juillet 2011 à 14:52

    Ton "certainement" suggère que tu n'as jamais vu un concert de Portishead, j'en déduis que ton affirmation n'a aucun poids.

    Reparlons-en quand j'aurai vu le film où les barbares en kaki s'étripent et font du surf, et quand tu auras vu un concert de Portishead, veux-tu bien ?

     

    Ou alors parle-nous de Jean-Jacques, à la limite.

    3
    Eddy Cordy
    Samedi 23 Juillet 2011 à 18:24

    J'y arrive fieu, j'y arrive.

    4
    Samedi 23 Juillet 2011 à 21:02

    Nan mais je déconnais, hein !

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