"Oh Yes Indeed, It's Fun Time
'Cause You Can't, You Won't And You Don't Stop
MCA Come And Rock The Sure Shot"
J'aime pas le rap.
On est en 1995, j'aime le rock, donc j'aime pas le rap. Ouais, y a des règles et c'était un peu comme ça à l'époque.
Et, de fait, je n'ai aucune culture rap.
Mais quelques-une de mes meilleurs potes étaient des skateurs, de la terrible bande des skateurs de Comines (j'en vois déjà qui frémissent rien qu'au son de cette incantation). C'est marrant les a priori, parce que je me souviens très bien que vraiment, les skateurs avaient mauvaise réputation dans notre petite bourgade tranquille, et que ma mère en parlait comme de la pire des canailles. Puis son fils (moi, en fait, mais là je tente un effet de style pour hausser un peu le niveau littéraire de mes publications) fit la connaissance des deux Steph et de Thié par l'intercession de Phil et de Mike. Trois de ces terrifiants skateurs devenaient ainsi mes meilleurs potes, et firent la connaissance de ma mère. Qui les trouva charmants, et aimait ben s'incruster dans nos conversations pour demander des nouvelles.
Et je me souviens bien de cette conversation qu'elle avait eue avec mon charmant père, devant chez lui, qui qualifiait ces mêmes amis de "rastaquouères" - il avait un peu peur quand il les voyait sonner à sa porte. Elle lui avait répondu ce sublime "nan mais tu oublies pas un peu vite que tu as eu des longs cheveux toi aussi, quand t'étais jeune ?". J'avais bien ri.
Elle qui tançait quelques années auparavant les skateurs prenait maintenant leur défense. Comme quoi les a priori, c'est quand même une belle connerie...
Bref.
Je pense que le skate, en France, a été la tête de pont de ce mouvement culturel venant de l'autre côté de l'atlantique et qui englobait le skate, cette espèce de réappropriation de l'urbain par la jeunesse. Et qui, donc, intégrait le rap.
Les rockeurs ont pu s'y mettre un peu doucement, via la fusion, Rage Against the Machine, Red Hot Chili Peppers, Senser, Body Count, etc... tout ce qu'on entendait dans les bars en Belgique à l'époque.
Puis s'y plonger un peu plus avec les Beastie Boys ou Cypress Hill, voire le Wu-Tang Clan et Public Enemy pour les plus aventureux.
Je me suis pour ma part arrêté aux Beastie Boys (peut-être parce qu'ils venaient de la scène punk, ce que montre bien la compilation Some Old Bullshit que j'ai découverte après Ill Communication, et qui est un condensé de punk hardcore avec déjà des prémisses de rap). Et plus particulièrement à Ill Communication, dont j'entendais le "Sabotage" chaque vendredi et samedi soirs. Ca doit d'ailleurs être l'un des premiers CD que j'ai gravé ; prêté par Steph S.
"Sure Shot" est vraiment le titre que je préfère, avec ce phrasé ultra-rapide, des mots qui claquent, quasi-impossible à suivre pour ma part !
Plus tard je tomberai amoureux de cette petite comptine adorable : "Girls" (Sur License to Ill). J'adore cette chansonnette, définitivement !
Mais sinon j'avoue que je suis plutôt inculte en ce qui concerne le rap. Ma belle m'a un peu initié à NTM et à Assassin, on a vu The Pharcyde en concert à Dour, et j'ai beaucoup écouté (et vu en concert) Asian Dub Foundation (que j'aime beaucoup), mais c'est à peu près tout.
Ce qui est bien, c'est que ça signifie qu'il me reste encore de vastes territoires musicaux à explorer !
D'ailleurs, si tu as des conseils, lecteur érudit, n'hésite pas à m'en faire part via le canal des commentaires...

Photo : Fred Javelaud
PS : tu auras remarqué la disparition de Radio Peps, qui, j'en suis certain, ne t'affecte pas plus que cela.
Et l'apparition d'un module Newsletter dont tu peux te servir si tu veux être informé des news via une letter électronique. C'est quand même bien fait, hein !