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    "I get bored, I get bored, I get bored, I wish for a real one"

     

     

     Au début, quand j'ai établi ma playlist il y a maintenant un an (oui, ce blog est né un 13 décembre, comme son papa), c'était "My own Summer (Shove It)" qui était prévu pour illustrer cette période métallique de ma vie. Du coup ne va pas te moquer de la photo de Fred qui illustre ce "Bored", vu qu'elle était sensée illustrer cet own summer, à l'origine du Grand-Tout-qui-créa-ce-blog. Elle aurait été bien, hein, cette photo, pour illustrer un été bien chaud ? Ben voilà que Mon Bon Vouloir fait qu'elle illustre finalement ce type qui s'ennuie. Ouais. Des fois faut rappeler qui est le patron. Moi. En fait je suis même pas très loin d'être tout seul, à force de délaisser cet espace virtuel.

     

    Pourquoi ? Oui, pourquoi ??? te demandes-tu fébrilement. Pourquoi ce changement d'avis ?

    J'ai deux bonnes excuses :

    1/ Il s'avère, pour être tout-à-fait honnête, que je n'avais pas écouté les Deftones depuis bien longtemps, et que dans mes souvenirs confus (c'est qu'il y en a des trucs dans ma tête, alors pour s'y retrouver c'est pas toujours facile, vois-tu)(rien à voir avec l'âge, jeune con !) Around the Fur était sorti avant Adrenaline, donc "My own Summer (Shove It)" était sorti avant "Bored". J'avais faux dans ma tête. Oui, les fans peuvent me flageller à mort avec des figues fraîches, car j'ai péché devant Saint-Moreno. Mea culpa, mea maxima culpa.

    2/ Les paroles. Ce "I get bored" me fait envie. Parce qu'en ce moment j'aimerais m'ennuyer, et me dire "tiens, et si j'offrais un peu de ma prose à mes fidèles lecteurs qui sont passés de l'impatience à l'indifférence, voire - horreur - à l'oubli virtuel ?"
    Mais non. En ce moment ma vie est très, TRES remplie. Que de choses bien, note-le bien : notre second enfant devrait pointer sa frimousse d'ici 2-3 semaines (happy Peps !), et disons pour résumer que la grossesse de ma femme de ma vie a été ponctuée de moult moments faits de chaos et de stress. Ceci dit, je dois reconnaitre à ma belle qu'elle a toujours été honnête avec moi ; dès notre rencontre elle m'avait prévenu que la vie à ses côtés ne serait pas un long fleuve tranquille. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle ne me l'a jamais autant montré que durant cette grossesse, qui en plus se cumule avec l'autre belle chose qui arrive : une maison. Enfin. Après environ un an et demi de recherche. Une quête. Avec ses incertitudes, ses rebondissements, ses échecs, ses remises en question. Et un final assez jubilatoire !
    Pendant longtemps nous cherchions à acquérir un terrain avec l'ami Guillaume pour construire une maison  bioclimatique type ossature bois remplissage fibre de bois ou ouate de cellulose (cette dernière avait ma préférence, mais apparemment la mise en oeuvre est plus complexe). Ecologique, basse consommation : le top, pour nous. On a visité pas mal de terrains, souvent c'était vite tranché (indivisible, ligne haute tension qui grésille en permanence, super pentu, etc...), des fois c'était trop cher. On arrivait au bout du truc, et on le sentait. Du coup on commençait à regarder un peu dans l'ancien. Là on n'a pas visité grand-chose, parce que je suis très chiant et que je ne voulais pas d'une maison en parpaing avec de la laine de verre (parce que dans quelques années on se rendra compte, comme de par hasard que c'est pas de bol, que ces petits bouts de fibre c'est un peu cancérigène comme les fibres d'amiante, mais promis juré nous les gentils industriels on le savait pas que sinon jamais on se serait palpé des millions en se tamponnant le coquillard de la santé des gens - on n'est pas une industrie pharmaceutique, nous, on fait attention à la santé des gens, nous.), mais de l'ancien avec de la vraie pierre dedans.Sauf que c'est rare. Donc c'est cher. Offre, demande, loi du marché et autres gros cacas fumants que malheureusement on est obligés de mettre les pieds dedans si on veut sa maison. Maizunbeaujouroupeut-êtreunenuit, un bandit agent immobilier nous propose de visiter avec l'ami Guillaume une maison dans un petit écrin de verdure, qui selon lui devrait nous plaire. Bon, c'est des parpaings avec de la laine de verre, il connait mon aversion pour tout ça, mais nous pousse quand même à visiter. Le malin. Une propriété avec deux maison mitoyennes sur 5400 m² de terrain aménagé, verger, piscine, balançoire : cadre de rêve. Paf ! Je révise ma radicalité écolo en argumentant avec ma conscience : "oui mais vois-tu, maconscience, quelque part acheter une maison ancienne c'est plus décroissant que de faire construire, hein ! Pas de matériaux tous neufs utilisés, pas de consommation d'énergie durant le transport des matériaux ou le chantier. Du tout bon, nan ? Et puis là t'as de quoi le faire ton potager bio, et même que t'as jamais envisagé un verger de cet acabit, hein, avoue ! 25 fruitiers maconscience !! Tu craques, là, hein ? Et puis bon, promis on fera une rénovation écologique. Promis." Elle a craqué. Je suis impatient comme un gamin avant Noël.
    Mais comme on crée une copropriété, y a de la paperasse en plus, un acte notarier en plus, et du coup plein de rendez-vous, de coups de fil, et c'est un peu fatigant, combiné avec le taf et la grossesse. Et comme si c'était simple ça serait pas drôle, de gros stress avec les autres bandits : les banques. Mais bon, tout rentre dans l'ordre petit-à-petit, et j'ai l'esprit de plus en plus libre, ou au moins de plus en plus en février 2012, lorsque la pitchounette sera arrivée, qu'on aura déménagés et qu'on vivra à quatre dans notre coin paisible. A côté d'un voisin qu'on aura choisi. Vous pourrez venir goûter nos fruits, promis.

    Bref, to get bored, je vois ça comme un luxe que malheureusement je ne peux plus me payer en ce moment...

     

    Et la musique, alors ? Ah oui :

     

    Track #26bis - My Own Summer (Shove it)

     

    "The shade is a tool, a device, a savior
    See, I try and look up to the sky
    But my eyes burn"

     

     

     T'as vu un peu cette pirouette pour que finalement la photo de l'ami Fred colle à l'article ?!

    Ouais, des fois j'arrive encore à m'étonner. A 36 ans.

    Les Deftones, je les ai rencontrés dans la légendaire cox jaune de l'ami Romu, avec Adrenaline et son excellent morceau d'introduction, "Bored", que tu es peut-être encore en train d'écouter. Si tu me suis depuis un an, ou si tu jettes un oeil à la playlist de la bande-son de ma vie, tu remarques vite que le metal n'est pas le style musical dans lequel je me vautre le plus volontiers. Et quand je m'y plonge, c'est plutôt dans la branche industrielle de ce courant musical, accompagné de Nine Inch Nails ou de Ministry. Je n'ai jamais réussi à accrocher au vieil hard rock d'Iron Maiden ou de Metallica, pourtant très souvent écouté dans la caisse de Romu ou de Steph. Ca me semblait trop daté, limite désuet. Pas dnué d'intérêt (Ride the lightning de Metallica est un bon album, et pas que parce qu'il y a un titre qui parle d'appel de Cthulhu !), mais je trouve que ça a mal vieilli.
    Mais ce "Bored", là, avec son riff introductif bien aggressif et sa voix plutôt posée et mélodique m'a directement parlé. Puis "Nosebleed" avec encore un bon riff assez imparable, un break tout en tension comme je les aime, et une bonne maîtrise de "l'explosion". "Root", "Birthmark"... ouais, vraiment un bon album ! Ill ne m'a pas fallu longtemps pour que je me le récupère, cet Adrenaline, qui a beaucoup tourné dans ma caisse. "Engine Number 9" me semble être une prémisse de ce que fera quelques années plus tard l'autre groupe de metal que j'ai écouté : System of a Down (toujours sous l'impulsion de Romu et Steph, mes dealers de metal et de punk).

     

    Puis j'ai donc récupéré Aroud the Fur, le deuxième album du groupe, et ce titre au moins aussi puissant que "Bored" : "My Own Summer (Shove it)". Encore du riff imparable, encore une voix posée, et encore de l'explosion maîtrisée. Une recette qui marche plutôt bien sur moi. Mais le reste de l'album ne me fera pas l'effet d'Adrenaline, faut bien l'avouer... Ecoutable, hein, mais à part "My Own Summer (Shove it)", rien de transcendant je trouve.
    Du coup, je n'ai pas suivi la suite des Deftones. Je pense me souvenir que l'ami Valou m'a dit beaucoup de bien de White Pony, mais je n'y ai jamais jeté une oreille ; pourtant il a plutôt bon goût le zouave !
    Certes, j'aurais pu rattraper mon retard sur la discographie des Deftones (l'écriture de ce billet m'a déjà permis de voir qu'ils ne s'étaient pas arrêté après ce White Pony, vu qu'ils ont encore sorti trois albums après celui-là), mais j'ai retenu la leçon de Blur, où je me suis échiné à me replonger dans tous leurs albums, et du coup j'ai mis deux mois à boucler l'article. J'ai décidé d'apprendre un peu de mes erreurs, et si je veux continuer à faire vivre ce blog - oui, je le veux - alors il va me falloir écrire de façon plus directe, en un jet ou presque. Ce que je vais tenter de faire pour reprendre un ryhme un peu plus soutenu que depuis juillet !

     

    A bientôt, donc !

     

     

    Deftones

    Photo : Fred Javelaud           

     

     


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    "The death of the party
    Came as no surprise
    Why did we bother?
    Should have stayed away"

     

     

     

    Je commence cette chronique bien à l'avance, parce que je sais qu'il va me falloir réécouter beaucoup Blur.
    C'est très étrange, mon rapport à ce groupe : je n'hésite pas à clamer que Damon Albarn est un génie, et pourtant je ne connais qu'assez superficiellement la discographie du groupe qui l'a fait connaître - j'ai bien plus écouté Gorillaz que Blur.

    N'empêche que Damon Albarn est un génie.
    Je ne comprends même pas comment certains ont osé comparer Oasis à Blur. Un "choisis ton camp, camarade !" entre les Stones et les Beatles, ça se tient parce qu'on a là un choix à faire entre des héritiers du rock ou des défricheurs créatifs qui partent un peu dans tous les sens (même si bon, faut vraiment rien comprendre à la musique pour choisir les Stones, hein). Mais entre ces poseurs d'Oasis qui recyclent certes efficacement mais sans créativité les Beatles et Blur qui réinventa la pop, y a pas photo !
    Et puis bon, quand Damon Albarn s'investit dans d'autres projets que Blur, ça reste excellent. Quand les frères Gallagher sortent d'Oasis, ben....ils nous foutent la paix, ces petits merdeux.

     

    Pause.

    J'ai commencé cette chronique en juillet, sachant comme je l'avais dit qu'il me faudrait du temps pour me replonger dans la discographie de Blur.
    Et en fait de replongeon il ne fut nullement question. Un plongeon ce fut. Je me suis rendu compte que je ne connaissais vraiment pas les albums de Blur. Je les ai tous écoutés et réécoutés dans l'optique de vous faire partager la substantifique moëlle de ces disques. Et je cale.
    J'aime Blur, mais sans avoir vraiment écouté. Sauf en septembre, et sauf l'album éponyme d'où est issu ce terrible "Death of a Party".
    J'aime Blur parce que c'est joyeux (à part peut-être, justement, ce "Death of a Party". Justement) ; que j'aimais bien mover mon body sur "Girls and Boys" ou, évidemment, "Song 2" ; que ça m'entraîne.

    Mais je pense que plus que Blur, c'est le sieur Albarn que j'aime. Et plus que Blur, c'est surtout Gorillaz que j'aime. Gorillaz dont on reparlera. Mais plus tard, quand j'aurai accouché - enfin - de cet article qui m'a pris du temps, et qui en plus est mauvais. Je voulais parler de Blur parce que vraiment, ça m'a éclaté. Mais je parle beaucoup mieux, je pense, des groupes que je connais vraiment, ou des évènements précis auxquels je pense en écoutant certains titres. Blur n'entrant pas dans une de ces catégories, je n'en parle pas bien. Dommage, ils méritent mieux que ça.

    Reste la merveilleuse photo de Fred, qui illustre bien meux que moi ce titre.
    Merci Fred.

     

    Promis, je reviens avec d'autres choses mieux que ça, mais il fallait que je torche cet article-là pour reprendre dans la joie et l'allégresse !

     

     

    Death of a Party

    Photo : Fred Javelaud           

     

     


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    "For you my heart was yearning
    And how I loved you so
    It's cause of you
    My dick is burning
    It's dripping on my tongue"

     

     

     

     

    Ce qui est bien avec ce blog, c'est que je me replonge dans certaines vieilles choses qui avaient tendance à prendre la poussière parce que ce n'est pas ce que j'écoute le plus en ce moment. Néanmoins, ces vieilles choses que je n'écoute plus n'en restent pas moins de superbes reliques, et ce morceau de NoFX en est la preuve. Un superbe morceau, qui a tendance à surprendre au sein de cet album de punk pur qu'est Punk in Drublic.

    Il surprend, parce qu'il y a une petite rythmique reggae, une trompette, et un chant qui sonne comme une fausse tentative de chant d'opéra, loufoque. Bon, la rythmique reggae n'est pas totalement étrange chez les punks ; The Clash en a quasiment fait une marque de fabrique. La trompette et ce chant bizarroïde sont plus surprenants, et le tout m'a vraiment fait tripper pendant longtemps. Et ce tout m'a fait écouter et réécouter ce morceau de très nombreuses fois.

     

    Ce Punk in Drublic est donc l'album de punk non français que j'ai le plus écouté (quoique non, en fait ça doit quand même être le Never Mind the Bollocks des Sex Pistols). Grâce notamment à ce "My Heart is Yearning". Mais "Linoleum" ou "Lori Meyers" sont aussi d'excellents morceaux.
    Il faut dire que je ne suis pas grand amateur de punk. L'essentiel de ma maigre culture punk, je l'ai fait dans la mythique Cox jaune de Romu. Ca passait par des choses à crête comme Exploited ou Anti-Flag (arrivé plus tard chez Romu, donc dans mes oreilles, et très bon, au passage !), ou des gens comme Suicidal Tendencies (que j'ai vu en concert à Belfort avec le sieur Romu) et Bad Religion. Tout ça était bien rageux - et j'aime bien la rage, des fois - mais ne me faisait pas bander musicalement, sauf ce "My Heart is Yearning", qui si ça tombe fait doucement sourire les punk-addicts !

     

    Moi mon punk ça a plutôt été les Bérus, ou le yéyé-punk des Wampas, ou l'électro-indus d'Atari Teenage Riot, très punk spirit ! Voire, plus tard, l'électro-punk de Bogusman.
    Mais je suis titillé depuis quelques temps par les Dead Kennedys, qu'il me faudrait découvrir dès que possible ! (oui parce que je disais en introduction que ce qui est bien avec ce blog c'est que je me replonge dans ma discographie, que je remonte le temps, mais du coup je ne prends plus vraiment le temps de découvrir de nouvelles ou de vieilles choses, comme Dead Kennedys, donc)
    Et je ne demande qu'à être initié à la musique punk un peu radicale. Manu ?

     

    J'aime bien l'esprit punk, plus que leur musique en fait.
    Et cet esprit je le retrouve plus volontiers chez A Silver Mount Zion ou leur papa Godspeed You ! Black Emperor, que chez certaines formations à la musique punk.
    C'est d'ailleurs A Silver Mount Zion que je laisse le splendide mot de la fin :

    "We want punks in the palace
    'Cause punks got the loveliest dreams"

     

     

    NoFX

    "My Dick is Burning" by Fred Javelaud        

     

     


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    Toi, lecteur fidèle parmi les fidèles, qui attendait depuis le 22 janvier, fébrile, la conclusion de ce teasing pas très subtilement placé à la fin de ma chronique sur Dead Can Dance, je ne t'ai pas oublié.
    Mais vois-tu, la chronologie, parfois c'est long. Le 22 janvier nous étions en 1994, rappelle-toi ! Et en ce début de mois de juillet, nous sommes en août 1997. Il fait beau dans le Nord - ce détail est primordial pour le reste de ce billet, et je resterai dans ma bonne vieille ville de Comines durant cet été de vacances.

    Des vacances qui méritent un billet, parce qu'elles restent inoubliables.
    D'une simplicité déconcertante, mais inoubliables.
    Et irrémédiablement associées à Dead Can Dance, et notamment à ce dernier excellent album : Spiritchaser.
    Un titre qui synthétise parfaitement ce que j'ai fait pendant ces vacances : ciseler mon esprit.

    Oh, je ne vais pas te parler d'expériences chamaniques ou de divagations psychotropes. Point de Near Death Experience, ni d'escapade new age.
    Non, rien de ces substituts. J'ai touché cet été-là à l'essentiel : les pieds nus dans l'herbe verte, un calme juste balancé par les sonorités apaisantes de Dead Can Dance, quatre amis réunis autour d'une table sur laquelle trône un jeu. Le bonheur.

     

    Donc cet été-là, point de vacances lointaines parce que nous sommes pauvres. Nous, c'est les deux Steph, Romu et moi. Et d'autres zouaves de la bande, mais ce mois d'août, je pense qu'il ne se passa un jour sans que nous ne nous retrouvions tous les quatre dans le jardin de ma mère.
    Pauvres donc. Au point qu'avec les deux Steph nous nous étions partagés l'achat des albums de Dead Can Dance que nous n'avions pas encore. Un chacun, et ils tournèrent de main en main. Et ils tournèrent aussi beaucoup sur le poste que j'avais descendu dans la salle à manger afin de pouvoir le poser sur le châssis de la baie vitrée. Je pense que l'on a écouté Dead Can Dance de 14 heures à pas d'heure tous les jours de ce mois d'août, ou presque.
    Durant ce même temps que nous ne sentions pas passer, nous étions à l'ombre des peupliers du voisin assis autour de la table de jardin, les pieds nus pour certains, peut-être pour tous. En tout cas pour moi. Les pieds nus dans l'herbe verte, c'est divin.
    Et nous jouions.
    Inlassablement, nous jouions aux dames chinoises. C'aurait certainement pu être n'importe quel autre jeu, parce que nous étions très joueurs - je le suis toujours, et j'espère que mes amis aussi ! Mais ça a été les dames chinoises durant un nombre incalculable de parties. Nous ne parlions que très peu (par rapport à d'habitude), nous ne nous levions que très peu. Parfois un autre zouave venait nous rendre visite, et il devait savoir qu'il nous trouverait dans le jardin, autour de la table, à jouer aux dames chinoises. Alors nous faisions une pause, nous discutions, puis nous reprenions. C'était totalement intemporel. Dead Can Dance participait évidemment de cette intemporalité.

    Ce mois d'août 1997 a je pense scellé une amitié qui dura longtemps, dont les fils s'étiolèrent bien plus tard pour toutes les mauvaises raisons du monde, mais dont les braises ne demandent qu'à être ravivées, je le sens, je le sais.

     

    Je parlais en introduction de vacances qui ont ciselé mon esprit. Ce n'était pas anodin.
    Ces vacances simples m'ont marqué plus que toute autre. Mis à part les vacances de l'an passé, avec ma chérie et notre loulou, dans cette roulotte sans eau, sans électricité, perdue. Des vacances simples, encore. Où l'on se rend compte de ce qui est essentiel : les proches. Et de ce qui est superflu : le reste.

    Peut-être qu'elle prend sa source là, ma critique de la société de consommation...

     

    Steph, Nat, on vous attend en août (la troisième semaine serait parfaite !). Les dames chinoises sont dans mon coffre. Et on se vautrera dans le luxe : il y aura du rosé !

     

     

    Shit in your ears

     Photo : Fred Javelaud          

     

     

     


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    "You can laugh
    A spineless laugh
    We hope your rules and wisdom choke you
    Now we are one in everlasting peace"

     

     

    Je disais précédemment que The Downward Spiral est le meilleur album des années 90.

    Et c’est vrai, je ne suis pas du genre à mentir quand les faits sont aussi objectivement prégnants. Et non, parler objectivement d’Art n’est pas du tout de la mauvaise foi.
    Mais il faut bien reconnaître que l’album dont je vais te parler aujourd’hui talonne le chef-d’œuvre de Nine Inch Nails de pas grand-chose. Objectivement.

     

    Radiohead, avant 1997, était plus ou moins un groupe de rock banal. Je me souviens très bien avoir piqué Pablo Honey et The Bends à mon frérot, pour y jeter une oreille parce que j’avais entendu – et aimé – "Creep", comme tout le monde (oui, je suis parfois comme tout le monde. Des fois ça me fait mal à mon ego démesuré, et des fois ça me rassure. Et quand c’est de musique qu’il s’agit, ça a plutôt tendance à me faire peur, tout-le-monde ayant des goûts de chiotte. Comme Tord). Et je me souviens avoir oublié ce groupe, ayant jugé de cette hauteur que certains me connaissent que Radiohead, mouais bof, quoi.

    Il faut bien avouer que je ne m’étais pas trompé : ces deux albums n’ont pas marqué l’histoire du rock, tu en conviendras.

    Alors bon, il y a évidemment "Creep" qui est un putain de mégatube du genre inoubliable que tu chantes  comme si t’étais au concert. Ca on peut pas l’enlever à Pablo Honey.
    Rappelle-toi (ça c’est un lancement moisi, parce qu’évidemment que tu t’en rappelles ! c’est encore plus célèbre que le "Born to be Alive" de truc, là !) : 

     

    Et oui, c’est vrai que ma chérie m’a fait redécouvrir The Bends et qu’effectivement "Street Spirit (Fade Out)" est sublime (bon là même si je ne le pensais pas je l’écrirais, parce que dire du mal de "Street Spirit (Fade Out)" est à mon avis un motif valable de rupture pour ma chérie. Et tant qu’elle ne m’a pas fait de curry vert, je pense que ce n’est pas la peine d’en arriver là) :

     "Fake Plastic Trees" et "My Iron Lung" tiennent la route également, mais on est loin de la révolution qui couve sous le crâne des gars de Radiohead.

     

    C’est donc en 1997, parce que je sais remettre en question mes convictions, que je repique un album de Radiohead à mon frérot : OK Computer.
    PAF !
    Dans ma gueule.

    "Airbag" passe tout seul, bien.
    Et je me prends un "Paranoid Android" de face, sans avoir été prévenu. Presqu’à froid ! Ce morceau est gigantesque. Un groupe normal en aurait fait un album, de toutes les idées qu’il y a dans ce morceau. Si si, écoute bien :


    Après le "Subterranean Homesick Alien", clin d’œil évident à Dylan même si je n’ai jamais compris le lien entre les deux titres (si par Razar (dieu nordique de l’aléa) un amateur éclairé de Dylan et de Radiohead lisait ces lignes et pouvait à son tour m’éclairé, je lui en serais gré) arrive le titre qui ouvre cette chronique : "Exit Music (For a Film)". Je crois que j’ai pleuré la première fois que j’ai entendu ce concentré de tristesse. Et j’ai les poils qui se dressent à chaque fois que je l’entends. Et si c’est en concert je te raconte pas. Enfin…. pas maintenant.
    Cet album regorge de bombes : "Karma Police" est une bombe. "Electioneering" est une bombe (qui montre que les gaillards savent encore faire un rock énergique)."Lucky" est une bombe.
    Cet album est une bombe.


    Problème : que faire après un album qui a tout chamboulé ?
    Solution de Radiohead : l'audace.
    L'audace de Kid A et Amnesiac, indissociables pièces d'une même remise en cause radicale.
    Les guitares sont quasiment abandonnées, l'électronique occupe une place prépondérante, mais Radiohead est grand, donc Radiohead fait des choses comme l'énormissime "Idioteque" :

    C'est bon hein ?
    Moi ça me fait un putain d'effet, ce morceau. L'un des meilleurs du groupe, à mon avis pas humble pour deux sous sinon je ne le donnerais pas.
    Mais malgré la présence de ce morceau de choix sur Kid A, j'ai une préférence pour Amnesiac. Des choses comme "I Might Be Wrong" ou "Knives Out", "Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box" ou "Pyramid Song" sont des joyaux. Tiens, "I might Be Wrong" :

     Il leur a fallu trois petites années, aux gars, pour digérer la musique électronique et en ressortir deux albums excellents. Moi je dis waow.

     

    Et deux ans après Amnesiac, ils nous offrent Hail to the Thief, qui est pour moi la synthèse quasi-parfaite de la période OK Computer et de la période électronique.
    Et ça donne des choses assez merveilleuses, comme "2+2=5", "Sit Down. Stand Up." et sa fin démentielle (en live, je te raconte pas...tout de suite), "A Wolf at the Door" durant lequel Thom Yorke débite un sacré flow, "The Gloaming" et son ambiance oppressante et assez minimaliste (que j'ai failli te mettre ici). Et ce "Wher I End and You Begin", parfait :

     Parfait, je te dis.

    Il faudra attendre quatre ans avant que Radiohead donne une suite à l'excellent Hail to the Thief.
    Ce sera In Rainbows et son mode de diffusion qui secoue les habitudes ; je pourrais m'étendre longuement sur cette idée que je trouve géniale, d'offrir à l'auditeur futur le choix de ce qu'il est prêt à payer pour l'oeuvre. Rien étant une possibilité. Après quelques binouzes, quelques pastis ou quelques verres de vin (je suis pas vraiment sectaire), je m'épancherais volontiers sur le génie de mettre l'acheteur en face de ses responsabilités, sur cette façon d'interroger assez frontalement sur la valeur d'une oeuvre, sur la valeur de l'Art. Bon mais là j'ai bu ni bière, ni pastis ni vin, et le sirop de grenadine ne me pousse pas à la philosophie de comptoir.
    Donc passons à l'essentiel : l'oeuvre.
    Elle est bonne, cette oeuvre. Très bonne, même.
    Tiens par exemple ce "All I Need", n'est-il pas très bon ? Ou ce "Weird Fishes/Arpeggi" (assez weird justement) ?
    Ou ce "Jigsaw Falling Into Place", n'est-il pas bon ? Non, tu as raison, il n'est pas bon. Il est magistral. Tiens, goûte :

    Allez va, ne fais pas la fine bouche, reprends-en un peu si tu veux !

     

    Et cette année, en surprenant tout le monde, Radiohead sort The King of Limbs.
    Qu'en dire ? Qu'il est quand même assez chiant, non, cet album ?
    Bon, j'avoue ne pas l'avoir énormément écouté, mais justement parce qu'il ne m'a pas vraiment emballé, cet album. Un jour, peut-être, m'y replongerai-je... Monsieur Playm, tu en penses quoi, toi, de ce King of Limbs ?

     

    Alors voilà, Radiohead est un très grand groupe. Mais c'est un peu plus que ça, pour moi.
    C'est notre groupe, à Béa et moi. Avec Noir Désir, qui nous a réunis. Et Archive, parce que "Again". Et d'autres, pour plein de bonnes raisons.
    Mais bon, les Arènes de Nîmes en Juillet 2003, c'est un truc inoubliable. Fondateur.
    Que je te conterai en temps voulu...

     

     

    Radiohead

    Photo : Fred Javelaud           

     

    PS : Je viens de te faire mon best of Radiohead, en fait. Mais jette-toi quand même sur les albums, il se pourrait que tes goûts diffèrent un peu des miens. Ne t'inquiète pas, ça se guérit.

     

     


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