• Live track #03 - PJ Harvey & Sloy - Lille (16/11/1995)

    "'Cause I've prayed days, I've prayed nights
    For the lord just to send me home some sign
    I've looked long, I've looked far
    To bring peace to my black and empty heart"

     

     

    Encore une première : mon premier concert seul. Enfin...seul, comprenez : non accompagné. Parce que malheureusement la demoiselle Harvey n'a pas joué que pour moi, on était même plutôt nombreux à l'Aéronef, ce soir là.

    Bon, resituons pour ceux qui n'ont pas suivi : PJ Harvey vient de sortir son troisième album, et je l'aime (l'album, hein). Elle passe par Lille, je suis heureux, mais personne n'aime ou ne connait assez la miss pour me suivre. J'ai peur de rien, j'y vais tout seul ! Je suis un fou, moi, des fois.
    J'en referai d'autres, des concerts en solo, mais assez peu, finalement. Je dois dire que ça ne me dérange pas, parce que je suis assez "égoïste" quand j'assiste à un concert : je parle peu, je suis concentré sur la musique et je ne partage pas grand-chose. Même après le concert, j'ai du mal à partager mes impressions, comme si j'avais besoin de digérer le truc, de me détacher afin de me faire un avis définitif - sauf quand c'est mauvais, où là je suis déjà détaché, par exemple quand on a vu Placebo (concert sauvé par la première partie, les excellents et sexuels The Kills !). Je pense que ma chérie pourrait confirmer ça.

    Bon, comme j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de PJ Harvey par ailleurs, je vais m'appesantir un peu sur la première partie, une fois n'est pas coutume !
    Nan mais partez pas !!! On parlera du concert de Polly, promis ! Mais d'abord, parlons de la révélation de ce 16 novembre 1995 : SLOY. 

    Leur premier album, Plug, vient de sortir (produit par Steve Albini), mais je suis passé à côté. Je me rattraperai après le concert. Là, en concert, impossible de passer à côté : le chanteur a une énergie de malade, il court partout, slamera plusieurs fois dans la foule et mettra le feu à l'Aéronef. Ils joueront ce soir-là des titres de leur futur deuxième album, dont "Idolize" que, une fois n'est pas coutume, je vous fais partager ici :

    Non mais Peps, qu'est-ce que tu fous là ???
    Deux morceaux de musique dans le même article, non mais ça va pas la tête ? Et la rigueur, le cadre strict que tu t'es imposé, tu l'as oublié ???
    Rappel :
    1/une citation des paroles en gras et en italique pour commencer
    2/ le morceau choisi en mp3, mais la vidéo est tolérée parce que des fois les morceaux sont trop long, ou que môssieur Peps veut faire dans la fantaisie
    3/ ta prose, tes conneries, tes anecdotes
    4/ si possible la setlist du concert, si ces feignasses d'internautes se sont tirés les doigts du cul.
    5/ une photo avec légende en option
    6/ au moins deux espaces pour pas que les petits boutons pour tweeter, wikioter ou fessebouquaimer viennent gâcher la jolie photo que tu auras mis tant de temps à dégoter. 

    Ta gueule ma conscience. Parfois, oui, je le confesse, je transgresse. Anarchy in my brain.

    Et pendant ce temps-là on ne parle pas de Sloy, bordel !
    Parce que Sloy, c'est vachement bien et même s'ils n'ont commis que trois albums, ce groupe vaut le détour. Je ne suis pas très pointu en rock français (ou pas très amateur, peut-être) mais pour moi il y a eu la scène alternative des années 80 (que j'ai découvert dans les années 90, hein, mais bon), puis Noir Désir, Diabologum et Sloy (Je ne range pas Dominique A, Tiersen et Miossec dans ce rock français-là)(oui je sais, c'est peut-être bizarre, mais ne foutez pas le bordel dans les cases de ma tête, s'il vous plaît).

    Un groupe qui a sa patte, avec ce chant si particulier, une âpreté et une certaine radicalité dans le dépouillement des morceaux - rien de trop dans la production (on retrouve ça chez Shellac, le groupe de Steve Albini). 

    Sloy aura aussi été à l'origine de la nouvelle interprétation live des "écorchés" de Noir Désir : c'est en effet de leur remix de ce titre paru sur "One Trip/One Noise" que Noir Désir a extrait le "WHITE LIGHT WHITE HEAT" fortement mis en avant en concert.

    En 2000, Sloy se sépare. La France est en deuil, une journée de congés est mise en place suite à cela (ça tombe le 1er mai), et on sait enfin quel a été le bug de l'an 2000.
    On entend à nouveau parler de Cyril Bilbeau (le batteur) en 2007, quand sort le premier album de Zone Libre, Faites vibrer la chair. Zone Libre, c'est donc à l'origine Cyril Bilbeau, Serge Teyssot-Gay (le gratteux de Noir Désir) et Marc Sens (un gratteux expérimental qui a officié avec Tiersen notamment), et ils viennent de sortir leur troisième album (Les Contes du Chaos). Le deuxième avec deux rappeurs au chant (dont Casey).
    Et j'ai entendu à nouveau parler des deux autres membres de Sloy en 2010, en tombant sur l'annonce de la sortie de l'album Novo Rock de 69 (oui, c'est aussi le nom d'un groupe). Ben c'est pas mal du tout, 69 (oui, le groupe aussi).

     

    Et le concert de PJ Harvey, tu me diras ?

    Impressionnant.
    Impressionnant parce qu'elle a un charisme....ben impressionnant, en fait.
    Bon musicalement pas grand-chose à en dire, c'était vraiment au top avec une setlist qui faisait la part belle aux faces B ("Harder", "Lying in the Sun" , "One Time Too Many" et "Naked Cousin") et un set bien péchu.
    Mais il y a eu ce moment. Ce moment qui m'a subjugué, qui m'a laissé sans voix. "The Dancer" comme point d'orgue d'un concert dont je garde le souvenir d'une excellente musicienne à défaut d'être une bête de scène (c'est pas ça qu'on attend de PJ Harvey). "The Dancer" commence, ça gueule dans la foule, on hurle parce que bon, cette chanson est aussi le point d'orgue (et point final) de To Bring You my Love. Ca s'agite, et tout-à-coup cette petite nana, avec juste sa gratte, regarde le public. Quand je dis "regarde le public", j'ai vraiment eu l'impression qu'elle nous regardait tous dans les yeux. En même temps. Sans strabisme bordel, niquez pas ma scène mythique ! Elle nous regarde, donc, et fait un geste de la main, ou des mains. Je ne sais plus, j'étais hypnotisé. Et d'un coup : silence. Silence complet pendant tout le titre. Je n'ai jamais entendu si peu de bruit dans une salle de concert. La maîtresse de cérémonie joue le morceau avec la maestria dont elle fut coutumière durant tout le concert, la chanson se termine, et tout le monde est encore scotché. Le silence continue. PJ Harvey brille. Le temps s'est arrêté. Puis d'un coup, comme si nos coeurs recommençaient à battre, on s'est mis à applaudir, à gueuler, à pleurer sûrement pour certains ! Tant c'était magique.
    Et c'était fini, aussi. Une fin de rêve. 

     

    Je suis bien heureux d'avoir assisté à ce concert au final totalement magique, parce que je pense que c'est la dernière tournée des salles moyennes qu'a faite PJ Harvey. Depuis, elle est devenue avare de concerts, ne se produisant que dans les capitales... La preuve, c'est que dans six jours on va la voir à Bruxelles !

    Je te raconterai, bien sûr !

     

     

    SETLIST :

    1. Hook
    2. Harder
    3. Long Snake Moan
    4. Dress
    5. Driving
    6. I Think I’m A Mother
    7. Lying In The Sun
    8. One Time Too Many
    9. Meet Ze Monsta
    10. C’mon Billy
    11. To Bring You My Love
    12. Send His Love To Me
    13. Me-Jane
    14. 50Ft Queenie
    15. Legs

    Rappel  

    1. Down By The Water
    2. Naked Cousin
    3. The Dancer

     

    Extra tracks

     

     

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